Aménagement de la 1ère tranche du Musée de la ville de Tunis : Le palais Kheïreddine, est situé à proximité de Dar Lasram et de la Medersa Bir Lahjar, soit ce qui est en passe de devenir le quartier culturel de la Médina.
Ce palais construit vers 1860 devait combiner à l’origine une organisation à patio et des innovations d’influence européenne : façade inspirée de la renaissance italienne, salons spacieux et austères et décor intérieur italianisant avec moulures à la feuille. Il se dégage des constructions voisines, entouré comme il est de jardin et précédé d’une placette spécialement aménagée pour bien mettre en valeur une façade renaissance italienne.
Ayant tout d’abord servi de tribunal à partir de 1881(d’ou le nom de la place), il fut ensuite vendu en deux parts en 1905, dont l’une des deux fut démolie vers 1910.
A sa place, la communauté israélite fit bâtir une école religieuse conçue par l’architecte tunisien Valensi. Une école musulmane fut ouverte dans l’autre partie jusqu’à l’acquisition du complexe par l’Etat en 1961.
Puis tout à coup le palais désaffecté tombe dans un profond silence, il est livré à une lente décrépitude et ne sera réoccupé qu’en 1972. Mais ni les services administratifs, ni le jardin d’enfant qui tenta de l’animer ne pouvait assurer la mise en valeur. Il fallait un projet aussi ambitieux que celui du musée de la ville et un budget conséquent pour réussir l’intégration du palais Khereddine dans le Tunis du XXIème siècle.
Le projet de restauration n’a pas cherché à restituer coûte que coûte les richesses du palais, bien au contraire, selon Zoubeir Mouhli, chef du projet : « une restauration active qui a pensé aux nouveaux espaces dans un style contemporain tout en respectant le passé ». On distingue donc divers types d’intervention : restauration des espaces qui ont gardé leur aspect originel (driba, unique espace resté du premier noyau du palais, salon à moulures); conservation fidèle de l’unité spatiale de chaque salle, consolidation des structures et introduction discrète de tous les équipements nécessaires aux grandes expositions tant nationales qu’internationales; reconstruction de parties effondrées ( cafétéria, sanitaires au premier étage), remise en état des anciens volumes et réaménagement dans un esprit minimaliste - idéal pour une exposition d’objets et de tableaux reconstituant l’histoire de Tunis-, se permettant quelques touches contemporaines qui n’agressent pas l’espace mais lui assurent un bon fonctionnement répondant aux normes techniques (température, humidité, sécurité).
En ce qui concerne l’entrée principale, les architectes ont insufflé un traitement décoratif moderne, dégageant la verticalité de la façade pour signaler la présence d’un important lieu culturel.
Le projet a donc cherché à éviter les interventions falsifiantes et à procéder à une préservation active qui débouche sur une véritable création avec la naissance de nouveaux espaces qui, tout à la fois, préservent le passé et expriment, dans un registre contemporain le réemploi du bâtiment.