Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis (A.S.M)
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Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis
 
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Dar Lasram 1972
 
         Dar Lasram où se trouve le siège de l’ASM de Tunis, date de la fin du XVIIIème siècle.
Cette demeure aristocratique s’étale sur plusieurs niveaux et comprend quelque 2.000m² de plancher (sans les écuries et les remises). Elle est située dans un quartier assez intime de la médina prés de la Hafsia et de la rue du Pacha, autrefois lieu de résidence de plusieurs grandes familles tunisoises.

         Au milieu des années soixante, la famille Lasram chercha à vendre cette propriété qui fut rachetée par la municipalité de Tunis dans un état assez précaire.
Le défi auquel se trouvait confronté l’équipe de restauration fut de trouver des astuces pour adapter une maison traditionnelle agencée autour d’un patio en fonction de besoins nouveaux.

         On décida d’employer ces locaux pour en faire des bureaux et des ateliers de dessin. Inévitablement il y eut des difficultés.
A l’époque, l’alimentation en électricité du quartier était insuffisante pour couvrir les besoins de nouveaux bureaux et espaces d’exposition

         D’autre part pouvait-on trouver des conditions de travail satisfaisantes dans une telle demeure, notamment en ce qui concerne l’éclairage, l’insonorisation et la température ?
Dans un rapport de 1972, Arno Heinz le chef du projet s’interrogeait sur l’impact « d’un nouveau centre de services semi-publics dans une rue secondaire ». (Un club de jeunes avait déjà été créé à Dar Dziri ainsi que des ateliers dans le Palais Kheïreddine)

         L’équipe de restauration choisit de préserver la variété et la richesse des espaces intérieurs du Dar Lasram. On restaura et remodela ces espaces en vue de leur utilité propre.
Le patio central et les salles attenantes sont construites sur les voûtes massives du makhzen, les anciennes écuries du palais qui devaient par la suite héberger un centre culturel, le Club Tahar Hadad, aujourd’hui l’un des plus dynamiques centre culturel de la ville de Tunis. On procéda à la consolidation des piliers et on posa un nouveau dallage en brique et en pierre.
La lumière du jour inonde ces espaces autrefois obscurs grâce à des portes fenêtres qui donnent sur des petites cours à la végétation luxuriante. Pour éviter tout risque d’effondrement dû à ces ouvertures, on réalisa des structures en béton armé

         On accède à la partie principale du Dar Lasram par la majestueuse driba voûtée (vestibule) d’où un escalier indépendant conduit à un premier ensemble de bureaux dans la dar dhiyafa.
Cette aile, autrefois réservée aux invités est remarquable pour son patio dallé de marbre blanc et ses colonnes gracieuses. Les laboratoires de photographie et l’atelier d’imprimerie se trouvent dans l’ancienne cuisine, eux aussi regroupés autour d’un patio.

         Néanmoins, le cœur de Dar Lasram reste le grand patio.
         Avec son parterre en marbre et ses riches décorations de faïence polychrome et de nakch hadida (dentelle de stuc) il témoigne parfaitement du goût fastueux des Tunisois de l’époque.
On y accède depuis la driba par une série d’antichambres en chicane également décorées de carreaux polychromes.

         Aujourd’hui, les chambres en forme de T et leurs alcôves sont investies en bureaux, alors que la grande salle d’apparat en forme de croix est utilisée pour les conférences et des réceptions, tout comme l’ancienne bibliothèque.

         En 1993, le patio fut couvert d’une voûte coulissante en polycarbonate, en faisant dès lors un espace convivial pour abriter séminaires et rencontre publiques, sans craindre les aléas du temps.

         Derrière l’une des pièces en forme de T, l’équipe de restauration découvrit des constructions en ruine datant de l’entre-deux guerres.
         C’est là que furent aménagés sur deux niveaux les ateliers de dessin.
         Pour assurer un éclairage suffisant, on eut recours à un toit en verre afin d’éviter de devoir percer de nouvelles fenêtres qui auraient troublé l’intimité du jardin voisin (l’utilisation de ce type de toitures représentait à l’époque une solution originale mais présente des difficultés en ce qui concerne la température à l’intérieur).
C’est cette même partie de la maison qui abrite actuellement l’exposition permanente de l’A.S.M

         En aucun cas la restauration de Dar Lasram qui débuta en juin 1970 et s’achèvera en 1972 ne fut un travail facile.
         On dût faire face à un manque de maçons et de dessinateurs qualifiés alors que cette commande représentait pour l’entrepreneur la première d’une telle importance. Il était impératif d’achever les travaux dans les plus brefs délais, de telle sorte que tous les problèmes dus à l’humidité ne furent malheureusement pas résolus.

         D’autre part, le budget était limité et un outillage adéquat faisait défaut. Pourtant, la relation excellente qui s’établit entre l’entrepreneur –relativement inexpérimenté- les maçons et les architectes permit de surmonter l’essentiel des difficultés.
A la fin des travaux, certains émirent des remarques à propos du manque de place. Cependant, le charme des lieux compensait largement tout manque de «confort moderne » et le personnel travaillant à Dar Lasram en vint très vite à s’y sentir très à l’aise.

         Le temps a montré l’opportunité des stratégies adoptées ainsi que des techniques employées lors de ce réaménagement. D’ailleurs, les nombreux espaces, parfois majestueux, parfois intimistes de Far Lasram témoignent de l’habilité des maîtres-constructeurs tunisois du siècle passé.
Leur réutilisation à des fins nouvelles a valeur de symbole : celui de l’attachement à une culture traditionnelle

         Cette restauration fut d’autant plus remarquable qu’elle intervint à un moment où la tendance générale allait vers une destruction de quartiers entiers de la Médina. Depuis le début des années 1970 toutefois, de nombreuses medersas (sorte de collège théologique) ont été réaménagées et reconverties.

         L’avenir apparaît résolument prometteur avec le projet de restauration d’un palais du milieu du XIXème siècle qui abritera les locaux du futur Musée de la Ville de Tunis.


 
 
Avant travaux
 
 
 
 
 
Après travaux