Projet
Oukalas : Réhabilitation
sociale d’un patrimoine ancien
Depuis
les années trente, la Médina
jusque-là abritant une population
citadine, s’ouvre à
des migrations extra-urbaines. Des
populations rurales s’installèrent
dans les fondouks, les oukalas et
dans les cimetières tant
à l’intérieur
qu’à l’extérieur
de la muraille.
Cet
exode s’est intensifié
au lendemain de l’indépendance,
des familles rurales à la
recherche de l’emploi sont
venues s’installer dans les
maisons traditionnelles abandonnées
par leurs occupants d’origine.
Ces
maisons louées à la
pièce furent appelées
« oukalas », terme jusque-là
réservé aux auberges
à la journée ou à
la semaine à des travailleurs
célibataires. La Médina
offrait une structure d’accueil
favorable avec ses grandes demeures
vides et une typologie de maisons
à patio qui se prêtait
très bien à la location
à la pièce.
Ce
phénomène nommé
« oukalisation » a touché
non seulement les demeures traditionnelles
mais tous genres de bâtiments
destinés ou non à
l’habitation : palais, demeures,
médersas, édifices
religieux… Dans chaque pièce
vivait une famille, alors que le
bâtiment n’ a fait l’
objet au préalable, d’aucun
aménagement le préparant
à son nouveau rôle
: toilettes, points d’eau
et cuisines sont communs à
tous les locataires.
Les
« Oukalas » présentaient
des problèmes d’insalubrité,
de promiscuité, de délinquance
et d’entassement de la population
dans des conditions inhumaines et
constituaient par conséquent,
un phénomène socialement
très inquiétant et
très lourd.
Les « oukalas » présentaient
un danger imminent pour ses occupants
(effondrement des planchers, fissuration
des murs porteurs…) vu la
dégradation avancée
de l’état du bâti
causée essentiellement par
une absence totale de travaux d’entretien
et aggravée par un problème
d’ordre juridique : la loi
du maintien sur les lieux des locataires
et du blocage des loyers.
Prenant
acte de la paupérisation
de la Médina, la Municipalité
avec le concours de l’A.S.M.
a préconisé de mener
de front une politique sociale et
patrimoniale visant à réhabiliter
la Médina et à fournir
des conditions décentes aux
habitants.
C’est
ainsi qu’a été
abordé le projet d’assainissement
des oukalas identifiées dont
souffre la Médina et qui
abritent plus de 3000 ménages.
Il a été conçu
avec comme objectifs essentiels
:
Le
sauvetage des ménages locataires
des risques d’effondrement.
Le
sauvetage d’un patrimoine
immobilier de valeur universelle.
Aujourd’hui,
la Municipalité s’est
engagée avec une 4ème
tranche du « projet Oukalas
», aussi importante et en
continuité avec les tranches
précédentes. Conçu
comme un projet intégré,
en plus d’une ligne de crédit
destinée aux propriétaires
pour la réhabilitation de
leurs bâtiments, de la construction
des logements nouveaux pour le relogement
dans la Médina sur les parcelles
vides, de la restauration et ré
affectation de tous les bâtiments
d’intérêts architectural
ou historique, cette 4ème
tranche englobera deux autres composantes
nouvelles à savoir la réhabilitation
et la restauration des ateliers
et des fondouks dans la Médina
avec la création d’espaces
réservés aux artisans
et aux jeunes créateurs et
aussi un volet sur l’esthétique
urbaine par la restauration des
sabbats de la Médina (passage
couvert) et par l’intervention
sur certains parcours pour la restauration
de quelques séquences de
façades, l’aménagement
de quelques placettes et la rénovation
du pavage et de l’éclairage
public.
Ce projet marque une étape
importante dans l’évolution
de la politique urbaine en Tunisie
qui s’oriente aujourd’hui
vers la récupération
des centres villes comme des parcs
immobiliers existants et remplissant
un rôle social important.