|
|
| |
Médina de Tunis
> Structure urbaine |
|
| |
|
| |
|
Vue du ciel, la Médina de Tunis, semblable à d’autres cités historiques de l’Afrique du Nord, ressemble dans sa complexité aux rayons de miel dans une ruche. L’unité de base est le bâtiment à cour ou patio, utilisé indifféremment pour les maisons et les équipements publics qui, assemblés à d’autres bâtiments de même type, forment des îlots desservis par un réseau viaire hiérarchisé. Rues principales ou secondaires et impasses forment une trame urbaine dominée par deux axes nord-sud et un axe est-ouest (la rue de la Kasbah). La largeur de la rue n’est pas uniforme. La perspective discontinue : on découvre le paysage urbain, séquence par séquence, en avançant dans les rues.
La ville arabe fondée à la fin du VIIe siècle s’est formée autour de la Mosquée Zitouna (début du VIIe siècle), demeurée la principale mosquée de Tunis jusqu’à nos jours. A l’emplacement de la Kasbah, une forteresse édifiée dans la première moitié du XIIIe siècle, était, en fait, une cité indépendante dotée d’une puissante fortification. Aujourd’hui, ce site abrite les principaux ministères et l’hôtel de Ville de Tunis. C’est au XIIIe siècle, également, que les faubourgs (extension de la Médina centrale, faite à l’emplacement des cimetières), ont pris une importance qui n’a cessé de croître jusqu’au XVIIIe siècle, période à laquelle ils ont été dotés de remparts.
|
Pour le visiteur étranger, les quartiers de la Médina, comme c’est le cas dans des cités de l’époque pré-industrielle, semblent impénétrables. Le tissu urbain s’est densifié au maximum, souvent au détriment des anciens jardins : maisons à patios fondées sur des puits et des citernes. Alys ou maisons à l’étage établies sur des étables et des makhzens, chambres ou kuttabs élevés sur des rues étroites créant un effet de tunnel caractéristique de Tunis. On compte plus de 15000 maisons garantissant l’intimité familiale et des centaines de monuments disséminés dans le tissu urbain que l’on peut découvrir en franchissant des rues étroites et tortueuses. Le calme était recherché dans les quartiers résidentiels et dans les lieux de culte et de méditation. La Grande Mosquée, surélevée par endroits est entourée de commerces nobles et paisibles ; les mosquées Sidi Mehrez et Sahib Et-Tabaâ, implantées au premier étage, échappent au bruit des souks et des marchées.
L’expansion de la cité s’est accélérée au XIXe siècle. A l’est de la ville, les nouveaux quartiers européens ont été construits sur des terrains remblayés selon un découpage régulier. Les boulevards ont remplacé les remparts et ont vu apparaître des bâtiments néo-classiques et arabisants
Plus récemment, certains quartiers ont été entièrement restructurés. La Hara (appelée aujourd’hui la Hafsia) était un quartier en ruine depuis les années 30. La reconstruction entamée dans les années 80, a continué dans les années 90 avec un modèle de maisons traditionnelles à patio. Les quartiers de Bab Souika–Halfaouine ont été remodelés dans les années 90. Un projet important pour résoudre le problème de l’habitat insalubre et surdensifié a été lancé en 1990 et se poursuit jusqu’à nos jours.
La Médina est, aujourd’hui, l’exemple d’une ville historique qui a su intelligemment intégrer les constructions du XIXe et XXe siècles. Sa préservation intéresse, aussi bien, son ordre urbain que ses diverses typologies et activités ainsi que la qualité de vie qu’elle offre.
| |
|
|
|
|
|